Présentation de l’Ecole Nationale d’Administration et de Politiques Publiques (ENAPP)

ENAPP, une école au cœur de la réforme administrative de l’Etat

Le Premier ministre Laurent Lamothe et le coordonnateur général de l’Ecole nationale d’administration et de politiques publiques (ENAPP), Harold Mompoint Jeune, ont présenté officiellement, en partenariat avec l’Ecole nationale d’administration publique du Québec, cette institution dans le cadre de la réforme de l’administration publique (2012-2017), initiée par l’administration Martelly/ Lamothe. Elle devra dispenser une formation de haut niveau, répondant aux standards requis en matière de formation en gestion et de gouvernance publique.

Créée conformément à l’article 38 du décret du 17 mai 2005 portant révision du statut général de la fonction publique, l’Ecole nationale d’administration publique et de politiques publiques s’inscrit donc dans les objectifs de renforcement des capacités de la fonction publique haïtienne, dont l’importance a été réaffirmée au niveau politique dans le contexte de la réforme de l’Etat. « L’ENAPP devra dispenser une formation de haut niveau, répondant aux standards requis en matière de formation en gestion et de gouvernance, lit-on dans le rapport de présentation portant sur l’organisation de l’ENAPP. Il est fortement souhaité que l’ENAPP soit une institution d’excellence au service de l’administration publique haïtienne.»

Cette institution fonctionne depuis 2005 en partenariat avec l’Ecole nationale d’administration du Québec dans le cadre du Projet d’appui au renforcement de la gestion publique(PARGEP) en Haïti. Déjà, cette école a formé avec l’appui de PARGEP deux groupes de cadres pour la fonction publique. « L’objectif de cette activité est de mettre la population haïtienne au courant du travail que réalise l’ENAPP tout en précisant que cette formation s’adresse dans un premier temps à des agents de la fonction publique qui ont déjà une licence dans un domaine quelconque et qui veulent faire des études au niveau de la maîtrise en gestion de l’administration publique », a déclaré Harold Monpoint Jeune, le coordonnateur général a.i de l’ENAPP.

Il a en outre affirmé que l’objectif de l’ENAPP est d’arriver à couvrir tout le pays par cette formation qui vise à renforcer l’administration publique avec des cadres hautement qualifiés. « L’ENAPP pourra éventuellement au moment opportun offrir des programmes de formation initiale à des jeunes qui ont des qualités exceptionnelles et qui désirent intégrer l’administration publique. » Pour le directeur général de l’Ecole nationale d’administration publique du Québec, Nelson Michaud, l’ENAP du Québec est très fière d’être un partenaire important dans le cadre de cette fructueuse collaboration qui, ces dernières années, aura permis la mise en place et la conduite du PARGEP et la dispensation ici même à Port-au-Prince de son programme de maîtrise auprès d’une quarantaine de cadres supérieurs et de fonctionnaires de l’Etat haïtien. « Nous sommes également très fiers de participer au lancement de cette école qui est un projet essentiel et hautement stratégique pour le renouvellement des compétences et des ressources de l’administration publique haïtienne.» « Avoir eu le privilège de partager mes expertises et de contribuer à cette entreprise qui est l’ENAPP haïtienne est une source d’une grande fierté pour nous, a poursuivi le directeur de l’ENAP du Québec.

Cette institution d’enseignement au service supérieur de l’Etat haïtien n’est pas un aboutissement, mais plutôt le franchissement d’une étape importante et symbolique pour le renforcement des capacités de la fonction publique haïtienne dont l’importance a été réaffirmée au plus haut niveau politique dans le contexte de la réforme de l’Etat. » « Je souhaite de tout cœur que la collaboration qui a donné naissance à cette institution se poursuive pendant longtemps pour que nos deux institutions sœurs puissent grandir au sein de la même famille », a-t-il conclu. Le Premier ministre Laurent Lamothe a pour sa part déclaré que la modernisation de l’administration publique reste un axe principal de la mise en œuvre du chantier institutionnel. Ainsi, l’efficacité gouvernementale repose nécessairement, selon lui, nécessairement sur une administration publique capable d’apporter des réponses aux besoins pressants de la population haïtienne. « La réforme de l’État est un impératif absolu devant garantir la bonne gouvernance administrative du pays tant au niveau central qu’au niveau territorial, a-t-il déclaré. Conformément à ces engagements, mon gouvernement travaille sans relâche à créer les conditions favorables à l’instauration d’une fonction publique de carrière, protégée des aléas de la politique.» « Ma présence à cette cérémonie de présentation de l’Ecole nationale d’administration et de politiques publiques (ENAPP) se veut un signe de la ferme volonté de mon gouvernement de doter l’administration publique de l’outil nécessaire à la formation des cadres de haut niveau », a-t-il ajouté.

Conscient du manque de formation des cadres de la fonction publique, le chef du gouvernement haïtien a en outre déclaré que la mise en place de l’ENAPP à elle seule ne saurait garantir le renforcement de la fonction publique. « Elle doit s’accompagner d’un ensemble d’autres mesures qui doivent viser à offrir aux fonctionnaires une véritable carrière et à rendre la fonction publique plus attractive pour nos jeunes diplômés, a-t-il précisé. La disponibilité de ressources humaines qualifiées sans un cadre approprié risque de compromettre gravement le projet de réforme. » La présentation de cette école d’administration publique coïncidait avec la remise des prix d’excellence aux lauréats des deux promotions qu’a déjà formées l’ENAPP dans le cadre du projet d’appui au renforcement de la gestion publique en Haïti. Le représentant du gouvernement du Canada, l’ambassadeur Gilles Rivard, en a profité pour remettre au Premier ministre haïtien une clé USB contenant le corpus de lois et règlements de la République d’Haïti depuis l’indépendance du pays en 1804 dont les originaux sont exposés dans plusieurs endroits, particulièrement une librairie à Washington (Law Library of Congress).